Origine du mouvement 269 Life

Je suis « 269 », c’est l’identifiant que l’on m’a attribué à la naissance.

Je suis un veau, séparé brutalement de ma mère pour que je ne lui « vole » pas son lait.

Je partirai bientôt à l’abattoir… Ma vie n’aura été que quelques semaines de souffrance.

Je serai ensuite « transformé » afin que vous puissiez acheter sans remords ma viande et mon cuir.

Certains de mes frères seront même torturés dans des laboratoires d’expérimentation animale,

ou suppliciés lâchement dans une arène, leur martyr sera encore plus long…

Le marquage au fer rouge du numéro symbolique 269, d’abord réalisé en Israël puis par le collectif français en 2012, a été reproduit par 17 activistes de 269 Life France place de la République à Paris en septembre 2016. La vidéo de cet acte chargé de sens et de compassion par solidarité avec toutes les victimes animales a été visionnée plus de 40 millions de fois sur internet.

 

Manifeste du mouvement originel

«  Les victimes sans nom et sans visage dont les corps ont servi à nous nourrir avaient de toute évidence des désirs, des sentiments, avant que leurs gorges ne soient tranchées avec une brutalité froide, calculée. C’est étrange, nous qui nous définissons comme une société « respectueuse de la loi et de la morale », nous massacrons toujours et quotidiennement des êtres innocents.

Nous faire marquer le corps du chiffre “269”, chiffre choisi par l’industrie pour identifier un veau, a été pour nous un acte de solidarité, un acte visant à immortaliser le sort réservé à ces êtres sensibles. Nous espérons par cet acte réussir à éveiller les consciences, à susciter l’empathie envers ceux dont les cris de terreur et de douleur ne sont en​tendus que par les barreaux en acier de leurs cages, et dont le sang macule les murs des abattoirs.

Nous sommes tous égaux dans la souffrance. Pour que l’humanité ait une chance de survivre et de véritablement évoluer, nous devons reconnaître que cette oppression des faibles est actuellement excusée sous couvert d’arguments liés au « genre », à la « race », à « l’espèce ».

L’humanité manque totalement de la plus évidente, et pourtant fondamentale, sensibilité, envers ceux qui ne peuvent pas exprimer leur douleur et leur souffrance dans notre langage, mais ne les éprouvent pas moins.​

Donc nous posons la question : qu’arrivera-t-il à l’être vivant sensible réduit à ce simple numéro, « 269 » ?

Sa vie n’a-t-elle pas plus de sens et d’importance que la pérennité d’une pratique injustifiée et sanguinaire ? « 

Stratégie

Il est question de déjouer l’humanisme suprémaciste et de déconstruire l’image narcissique que l’humain a construite de lui-même, pour changer de manière radicale nos rapports avec les autres animaux. Mais la libération animale, entendue comme la reconnaissance éthico-juridico-politique des tous les êtres sensibles, ne peut se contenter d’un mouvement d’éducation populaire au véganisme (cf. l’abolitionnisme du philosophe Gary Francione). Nous ne croyons pas au changement par les individu-e-s devenant véganes et comprenant les raisons de respecter des lois antispécistes-animalistes, jusqu’à ce qu’ils-elles deviennent une majorité. Le libérationisme suppose que des activistes se mobilisent pour transformer le milieu humain et ses normes qui évoluent historiquement. On songe notamment aux conditions matérielles de l’exploitation animale (la technique et le technologique) et à la culture comme ensemble de significations (le symbolique). Nous devons nous focaliser sur le milieu techno-symbolique qui encadre l’exploitation animale, et qui agit de manière massive sur les individu-e-s avec lequel ils-elles sont en relation et à l’intérieur duquel ils-elles grandissent, motivant les comportements en conséquence. Ce sont les trois piliers individu-e-s/culture/conditions matérielles de l’exploitation, qui n’existent qu’en rapport avec les autres, qui doivent être touchés pour une véritable déstabilisation du système. La déconstruction de la structure tripolaire de l’humanité omnivore-spéciste-meutrière implique de ne pas envisager son contenu comme des questions autonomes. L’ouverture récente et en cours d’antennes de notre association pour couvrir tout le territoire national nous permettra de mener à bien nos trois engagements stratégiques : du pédagogique (tracts et stand d’information), du choc des sens (mises en scènes) et de la confrontation (actions directes).